« Ensuite, avec un mélange d’amour, d’admiration et d’humour malicieux, il prononça devant moi le nom de Katsimbalis qui, pour je ne sais quelle étrange raison, me frappa vivement sur-le-champ. Ce soir-là, Théodore nous fit, de sa vie dans les tranchées avec Katsimbalis pendant la Grande Guerre, sur le front des Balkans, une description hallucinante. Le lendemain, Durrell et moi, nous écrivions à Katsimbalis, qui était à Athènes, une lettre enthousiaste, exprimant l’espoir de la rencontrer prochainement dans cette ville. Katimbalis… Nous lancions ce nom familièrement, comme si nous l’avions connu depuis toujours. Peu après Théodore s’en alla; la comtesse X… le remplaça, accompagnée de Niki et d’une famille de jeunes acrobates. Ils débarquèrent à l’improviste, d’un petit bateau chargé de victuailles étonnantes et de bouteilles de vin rare, du domaine de la comtesse. Avec une pareille troupe de linguistes, de jongleurs, d’acrobates et d’ondines, ça ne pouvait que tourner d’emblée à la dinguerie. »
The colossus of Maroussi, Henry Miller, traduit par Georges Belmont (Le livre de poche, Biblio p. 29).