6 Comments

  1. Une elfe chaque matin quitte son logis et visite, furette, musarde.
    Aujourd’hui elle a croqué les derniers muscats pruinés de l’automne -jamais effrayée – lampé un peu de rosée sur la pierre noire, lisse et polie et, avec la musaraigne rencontrée, a attendu la chaleur de la matinée.

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  2. Etonnant que de graver ce détail très réaliste de ce qui reste sous une tombe…
    Pierre sais-tu s’il y a une explication à cela ?

    ça peut paraître macabre et effrayant, mais n’est-ce pas à cause de ce que désignent et symbolisent les crânes décharnés dans une culture apprise ?

    Finalement le dessin de la réalité n’est-il pas moins effrayant ?
    J’essai de me mettre à la place d’un enfant qui va au cimetière et qui voit sur les tombes des photos d’êtres humains bien vivants et auquel on dit qu’ils sont morts et dans la tombe… Il peut être effrayé par le fait de croire que les morts ont des apparences de vivants… Une apparence de squelette ne remet-elle pas la mort à sa place ?
    Tes dessins témoignages de ces deux derniers soirs me plongent dans une grande réflexion…
    Je dois te faire l’aveu que je ne crois en rien.
    Et que lorsque j’étais enfant toutes ces histoires de morts qui nous voyaient du ciel me traumatisaient, pourtant cette version ne venait pas de mes parents.
    Je m’insurge dès que quelqu’un veut faire croire cela à mes enfants.

    C’est horrible de vivre en pensant que quelqu’un nous voit du ciel, sans qu’on puisse jamais remettre en doute la version d’un adulte parce qu’on est enfant sensé croire la vérité de l’adulte…

    C’est étonnant peut-être, mais ces détails de gravure sur les tombes au Danemark me rassurent. J’aurais aimé les voir lorsque j’étais enfant ! J’aurais eu moins peur !

    J’ai souvent dû affronter la mort d’un être cher lorsque j’étais enfant. Mon frère est sûrement la mort qui m’a le plus marquée (il avait 2 ans).
    Mais j’ai été bien plus traumatisée par le pouvoir que certains de mes proches ont donné à des morts adultes que j’aimais.
    Ah oui vraiment, j’aurais aimé le détail des tombes du Danemark pour empêcher ma naïveté lorsqu’on me disait « de là haut ils te voient, que penseraient-ils de toi ?  »
    Vivants ils n’avaient jamais eu autant de pouvoir pour les faibles qui les utilisaient, et moi je confondais le respect du souvenir avec la manipulation… J’étais trop jeune pour affronter certaines vérités ! Pour me révolter ! Comment faire face aux morts ?
    Oui j’aurais aimé, voir les détails de la réalité de la mort pour mieux comprendre la vie !
    Merci Pierre pour ces détails de tombe du Danemark

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  3. Bravo et merci Ossiane d’avoir surmonté ton effroi et pris le temps de laisser un commentaire.
    Oui pour ces tableaux nés au 17 ème siècle, appelés « Vanités », qui représentaient un crâne, certes, mais accompagné d’objets évoquant les joies terrestres.
    Ce sont des oeuvres qui questionnent. Comme m’ont questionné ces représentations très réalistes (car sur cette pierre c’est la totalité d’un squelette qui est là, tenant une pelle dans la main droite et un sablier dans la main gauche).
    Et comme me questionne le fait que l’on puisse continuer à marcher sur ces – il me semble que c’est le terme à employer – oeuvres d’art, qui ne sont pas si nombreuses que ça.
    Il me semble que, oui, maintenant on a compris que le temps y avait laissé sa trace, et qu’on pourrait les déposer et les exposer verticalement incluses dans le mur le plus proche au lieu du sol. Les mains pourraient toujours continuer de les polir… mais elles s’useraient moins vite.

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  4. Catherine, je suis persuadé que ces représentations, ces « Images fortes », étaient destinées à tout le monde, croyant ou non.
    L’intérêt d’un blog est que si quelqu’un connait bien la justification de ce courant dans l’art mortuaire religieux il pourra laisser sa contribution; même plus tard.
    D’accord avec toi pour ce qui est de préférer encore ces ossements aux photos. Avec eux on est plus proche du symbolique.
    De tous temps et dans tous milieux il peut y avoir des exagérations, des abus. Chez moi, enfant, seul Dieu voyait chacun de nous depuis là où il était; c’était déjà pas mal! 😉
    Et notre époque accorde de plus en plus d’importance au Pardon, (sujet souvent traité au cinéma, par exemple).
    Mais je suis content que l’on puisse parler de tout ça ici, en précisant – si ça n’avait pas encore été perçu – que je n’ai aucune attirance pour le morbide (ou la destruction ou le nihilisme).

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