5 Comments

  1. Les jours de lessive de mon enfance apportaient de la buée sur les vitres. Mes doigts maladroits y traçaient des lignes ou une ébauche de dessin et tout cela finissait par pleurer lamentablement.
    Je connais et suis ton blog depuis un certain temps et suis admiratif devant tant d’habileté et de subtilité que je n’osais apporter mon grain de sel. Voilà, c’est fait. A bientôt. Pierre

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  2. Pierre a retrouvé le sens originel de Buée, en convoquant son enfance, âge premier lui aussi…
    Le mot vient par tradition orale du gallo-roman buccata « lessive » auquel remonte également l’ancien provençal bugada. Ces deux formes sont les participes passés féminins substantivés d’un verbe bucare « laver, faire la lessive »
    Ce sens étymologique a disparu et c’est par métonymie que le mot désigne la vapeur d’eau dégagée lors du lavage du linge par une substance humide plus chaude que l’air ambiant.

    De cette fenêtre que des branches de givre dessinent, la touffe d’un bosquet lové au fond d’un val concentre toutes les lumières, contamine tout l’espace. Généreusement. La chaleur de cette toison, dans cet univers de premières glaces, embue la clarté solaire. Des lignes verticales, frênes aux fûts maigres et à la ramure décharnée, rayons filtrés d’un soleil de petit matin, donnent à ce fusain corps et vie… Et cette impression chaude de l’hiver qui approche.

    Buée : par extension le mot exprime, dans le style littéraire, une apparence dont on ne perçoit pas distinctement les détails et, au figuré, une idée confuse, imprécise…

    (Avec l’aide d’Alain Rey et de son Dictionnaire historique de la langue française)

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  3. Bienvenue, Pierre, et merci de cette première marque de tes passages ici.
    Je te prie d’oser apporter encore ton grain de sel, tes mots – puisque c’est ton domaine privilégié d’expression – et même (j’ose le dire, étant bien placé pour ça…!) ta pierre contributive à l’élaboration de ce blog.
    Nous sommes nombreux, ici, à aimer les souvenirs d’enfance; et ce que tu décris, chacun de nous, peu ou prou, l’a vécu.
    Tu ressens de l’habileté dans ces dessins. Sache que de mon côté il en est tout autrement. J’ai l’impression d’être raide comme un piquet d’acacia…
    (du Lauragais, bien sûr! en clin d’oeil à l’ami Jean:-).
    La main est lourde et l’épaule commande toujours la même direction. Le coude fait ce qu’il peut, entre les deux. On ruse et on utilise ses faiblesses…
    Dans la même situation le poète appelle à la rescousse la Métonymie – grande dame -, dont je salue en fanfare et gongs l’arrivée sur ce blog, grâce à merbel dont les idées, les explications, les échappées, sont à l’opposé de la confusion et de l’imprécision qu’une buée peut générer.
    J’arrêterai là pour ce soir, sentant l’ébullition me gagner; (n’est-ce pas Cath ?! 🙂

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  4. Les deux Pierre parlent bien de ce qu’ils ressentent;-)
    Le rideau se lève, petite brume de l’aurore, bain de vapeur, la terre se réveille et va remplacer sa robe argentée par une parure dorée. C’est toujours très beau. Un vrai délice cette série. Bisous.

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