La période du sevrage est délicate. Bientôt les premières farines sont incorporées à son lait. Les amas sépia situés profondément se brisent en revenant à la surface et, trop petits, glissent entre les dents de la fourche. Une granulométrie imposée par la distance entre deux dents se met en place. Touze lit Goethe. Il est séduit par les affinités électives, rêve… les saveurs se concentrent, la chair du porcelet n’en est que plus savoureuse… et complote: à lui d’associer, de combiner, d’inventer une nouvelle façon de manger donc de cuisiner et surtout de participer à l’élaboration de la matière première; de créer finalement.
Les dents butent maintenant contre le sol, non visible mais absolument distinct de la partie la plus décomposée du tas. L’argile durcie signale rudement sa présence lorsque par mégarde la fourche vient remuer trop profondément. Si l’enfoncement est faible et dans une direction plutôt horizontale un éclat de terre saute et libère l’outil, mais dans le cas contraire le corps doit se désengrammer du mouvement entrepris, se reprendre et tout relancer vers l’arrière afin de retirer les pointes fichées en terre. Le porcelet, considéré comme animal d’élevage rapide et facile, n’est nourri que de mets soigneusement choisis dans l’espérance de savourer plus tard une viande des plus complexes.
Nous aussi, lecteurs, nous avions instauré une surveillance régulière et attentive de ce récit.
Tout comme le manche de la fourche, le texte s’engraisse. Les mots qui faisaient bloc, ajoutant à chacune de nos interrogations une couche supplémentaire, commencent à s’émietter,à s’incorporer, à se fondre dans notre compréhension.
Nous sommes heureux, comme Touze. Les mots coulent comme du petit lait, nos questions se désengramment, notre cerveau se relance , prêt à savourer la suite.
Il y a entre Touze,son porcelet et nous comme des « affinités électives » qui sont en train de naître…
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Ainsi Touze espère savourer une viande des plus complexes…
Touze lit Goethe… séduit par les « affinités électives »…
Il rêve…
Mais bon, dans la réalité, le Touze, il est en plein dans l’organique…
Chimie… Philosophie…
Pendant que ses mains et sa fourche transforment, il occupe sa tête le Touze !
Et l’alliance du tout, ça lui donne des idées au Touze ! Normal il a lu Goethe !
Nous voici dans une écriture subtile !
Le Touze va t’il trouver ses stratégies dans la théorie du fumier ?
Suspens…
Il en est où avec dame Touze ? Attraction ou répulsion ?
J’ai comme un indice : Quand il rêve, les saveurs se concentrent et quand il est dans l’espérance c’est pour savouer…
Espoir d’attraction dans l’avenir (rapide comme l’élevage du porcelet)
Mais dans le présent le Touze, il remue les odeurs répulsives.
On dirait bien qu’il y a urgence à trouver la stratégie… Subtile…
Parce qu’il est droit le gars Touze !
Hum… Merbel l’a dit, nous sommes prêts à savourer la suite…
Catherine
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