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  1. Entendu ce matin, à la radio, que la Tate de Londres exposait les oeuvres de la fin de vie de Rothko. Tableaux très sombres paraît-il qui étaient au départ destinés à orner les murs d’un restaurant américain à Manhattan; Rothko a refusé de les vendre, après les avoir peints! Mais venons-en à l’essentiel: des experts ont tenté de savoir comment Rothko peignait ces vastes rectangles de couleur uniforme, enfin selon la perception visuelle humaine… Il était très secret sur sa démarche de composition. Eh bien, ! Figurez-vous que les oeuvres, sous les rayons ultra-violets ont révélé, dévoilé, des bandes; mais oui, mais oui! Rothko avant de couvrir la surface la « préparait » en quelque sorte en la recouvrant de bandes de couleurs différentes. Pour que les noirs, ceux de la fin de sa vie précisément, portent « malgré eux » l’espoir d’une lumière. Pour que malgré sa tentation suicidaire (et l’accomplissement de l’acte au final), il émane de ses tableaux une lumière… d’espoir et non pas le noir intégral, égal, uniforme, massif. Et si c’était le dessein de vos aquarelles? Se préparer à espérer… Vos noirs alternent avec la couleur, précisément.

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  2. Merbel, vous établissez avec a-propos un lien – en invoquant encore Mark Rothko – entre les aquarelles à dominante noire et les autres. Ce qui n’était pas évident, même pour moi, puisque je n’ai pas utilisé la même structure dans les deux cas.
    Pour les noires, les « Intermèdes » je voulais une vision crépusculaire, avec au premier regard une seule bande de rouge qui coupait le noir en deux parties inégales, mais bien-sûr il m’a fallut, comme vous l’expliquez, « nourrir » le reste, avec du rouge ou du beige. J’en ressentais la nécessité pour ne pas tomber sur un noir opaque, mort, « massif », une sorte de trou-noir, justement, dans lequel rien ne se passe.
    Il m’en reste encore deux de cette sorte à montrer. Vous jugerez…
    « Jouer » avec le fond, avec ce qui est sous-jacent, avec ce qui est déjà tracé, ne m’est pas une pratique très familière, mais je suis bien évidemment très attiré par cette façon d’envisager le geste pictural; quel que soit le médium, (avec l’aquarelle ce n’est pas facile car en repassant sur ce qui a déjà été appliqué on arrive vite à de la boue).
    « Repasser »… « d’un seul passage »… nous en arrivons au titre de cette note. Il s’agit bien du même sujet. Pour cette aquarelle – à l’inverse – le pinceau est passé avec une seule couleur par bande.
    Même s’il y a eu des débordements…!
    Ce qui nous ramène au dérapage de l’épisode précédent (sourire!).

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