Gatsby le magnifique in Istanbul (2)

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A mi-chemin de West Egg et de New York, la route se réfugie soudain contre la voie ferrée, qu’elle ne quitte plus sur un quart de mile, comme pour éviter tout contact avec une zone particulièrement sinistre. C’est une vallée de cendres – une métairie fantastique, où la cendre pousse comme du blé, entre des coteaux, des collines et des jardins grotesques, où la cendre prend des formes de maisons, de cheminées, de fumées qui s’élèvent et, se surpassant elle-même, va jusqu’à figurer des humains, qui n’émergent de cette atmosphère poussiéreuse que pour s’y dissoudre aussitôt. Un convoi de wagons grisâtres glisse parfois sur des rails invisibles, exhaleun soupir de fantôme et s’immobilise, et les hommes gris cendre, armés de pelles couleur plomb, le prenne d’assaut sans attendre pour en extraire un impénétrable brouillard, qui dérobe à votre regard leur mystérieuse activité.

Gatsby le magnifique, Francis Scott Fitzgerald traduit par Jacques Tournier (Grasset, Les Cahiers Rouges p. 41).

2 Comments

  1. Myriam, j’aimais les propres couleurs de ce vieux mur – reflet des ans – associées à cet orange plutôt flashy, déposé en quelques secondes, d’un coup de bombe.
    Oui, cette image murale est certainement réalisée à l’aide d’un pochoir. Mais vous en savez peut-être plus que moi: est-ce qu’en plus, en amont, pour fabriquer le pochoir, l’informatique n’interviendrait pas?
    Pas forcément pour celui-là, mais pour d’autres qui ont un rendu très précis et réaliste, avec peut-être une image numérique comme point de départ?
    Si, parmi la foultitude des arpenteurs de ce « Champ », quelqu’un en sait un peu plus…

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