Victor Hugo in Istanbul

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« Ce mur était bâti avec des pavés. Il était droit, correct, froid, perpendiculaire, nivelé à l’équerre, tiré au cordeau, aligné au fil à plomb. Le ciment y manquait sans doute, mais comme à de certains murs romains, sans troubler sa rigide architecture. A sa hauteur on devinait sa profondeur. L’entablement était mathématiquement parallèle au soubassement. On distinguait d’espace en espace, sur la surface grise, des meurtrières presque invisibles qui ressemblaient à des fils noirs. Ces meurtrières étaient séparées les unes des autres par des intervalles égaux. La rue était déserte à perte de vue. Toutes les fenêtres et toutes les portes fermées. Au fond se dressait ce barrage qui faisait de la rue un cul-de- sac mur immobile et tranquille; on n’y voyait personne, on n’y entendait rien pas un cri, pas un bruit, pas un souffle. Un sépulcre.

L’éblouissant soleil de juin inondait de lumière
cette chose terrible.

C’était la barricade du faubourg du Temple. »

Les Misérables, tome V : Jean Valjean, Victor Hugo.

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